*Comment procéder pour obtenir l’haplotype de personnes depuis longtemps décédées?

Deux techniques peuvent être utilisées.

Le plus souvent c’est par *triangulation* (expliquée sous une autre rubrique.  Supposons que 2 ou plusieurs personnes ont exactement la même signature ADN (Y ou mt) et que leurs généalogies qui ont été rigoureusement documentées montrent qu’elles descendent toutes d’un même ancêtre ciblé, et de lignées différentes de cet ancêtre (fils différents ou filles différentes) ; alors on est en droit d’inférer que leur signature commune (celle des descendant-es) est celle de l’ancêtre ciblé.

Se rappeler que l’ADN du chromosome Y se transmet intégralement (ou presque) de père en fils et que l’ADN mitochondrial se transmet intégralement (ou presque) de mère en fille de génération en génération.

La signature que possèdent les descendants qui ont cet ancêtre en matrilignage (ADN-mt) ou en patrilignage (ADN-Y) est alors celle que possèdait cet ancêtre.

L’autre moyen, de plus en plus employé, c’est de faire des tests d’ADN (-ancient) sur des ossements (ou encore sur des vestiges genre relique comme des dents, des cheveux, &c). Par ex. dans le cas de Louis XVI on avait conservé un mouchoir qui avait essuyé la guillotine après sa décapitation et on en a analysé l’ADN. Le cœur du fils de Louis avait aussi été conservé et des analyses ont montré que tous deux étaient G2.

Il est possible de déterminer l’haplogroupe d’appartenance d’un ADN sans examiner la signature. Une signature ADN-Y repose sur les valeurs STR (microsatellites ou motifs répétés en tandem courts) qui ont été trouvées dans des zones particulières du chromosome. Ces valeurs sont appelées *marqueurs*. Or, l’haplogroupe repose sur le polymorphisme profond appelé SNP; c’est l’état des allèles (ici les bases) à des loci particuliers dans l’ADN du chromosome. Lorsque l’allèle est trouvé dans un état significatif pour classer cet ADN il est alors appelé SNP.

La détermination de l’haplogroupe de l’ADN mitochondrial repose quant à elle sur des différences lorsqu’il est comparé à un standard appelé rCRS (Cambridge Reference Sequence). C’est l’équivalent de SNP mais pour l’ADN-mt. Parmi les différences notées dans un ADN-mt, certaines d’entre elles servent à le classer dans un haplogroupe particulier.

Il est donc possible de mettre au point des tests qui déterminent l’état d’un certain nombre de SNP bien choisis pour obtenir une lecture de l’haplogroupe d’appartenance.

Un des principaux objectifs de la généalogie par ADN appliquée dans un horizon récent est d’établir validement les signatures de certains ancêtres qui furent importants pour une société ou culture (Fille du Roi, Soldats de Carignan, &c) et d’utiliser cette information pour valider certaines lignées des généalogies documentaires. Évidemment, un tel travail de validation des structures de descendance n’a de pertinence que si les généalogistes recherchent la vérité biologique sousjaçente (réelle) et ne se contentent pas de décrire les couplages et filiations suggérées par les documents et archives.

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