*Généalogie par ADN

La généalogie par ADN (G/ADN) est l’utilisation de l’ADN à des fins de généalogie. Le terme de généalogie est ici pris dans un sens large, c’est-à-dire de connaissance à propos de ceux qui sont venus avant nous, nos ancêtres. La G/ADN peut être découpée en trois secteurs qui recouvrent plus ou moins trois époques:

1. La G/ADN patronymique couvre l’époque patronymique. C’est l’étude de la descendance à l’époque relativement récente où les patronymes se sont mis en place et stabilisés. Cette époque est aussi couverte par la généalogie documentaire, cette dernière reposant sur des actes (de naissance, mariages, décès, &c). Les deux formes de généalogie sont ici indissociables. L’une sert à l’autre. Leur époque débute avec la consolidation des patronymes « héréditaires » au 13-14e siècle de notre ère et s’étend jusqu’ aujourd’hui. Il est donc possible pour cette époque de concilier des données d’ADN à des données documentaires. Dans certains cas, la G/ADN peut assister la généalogie documentaire et l’orienter.
2. La G/ADN structurale s’intéresse à l’époque pré-patronymique. Cette époque correspond à la longue période durant laquelle les patronymes étaient variables ou en voie de se fixer autour d’un nom transmis de père en fils et à fille. Elle s’étend rétrospectivement jusqu’à la naissance du sousclade significatif immédiatement en amont. Ainsi, il est possible d’étudier le degré d’apparentement et la différenciation généalogique (ou phylogénétique) des humains porteurs d’un même type d’ADN appartenant à un même haplogroupe, peu importe leur patronyme. Les techniques utilisées par la G/ADN structurale sont semblables à celles déployées par les sciences classificatoires (taxonomiques) qui ont recours aux analyses numériques et aux instruments de statistiques avancées.
3. La G/ADN ancestrale est concernée par l’époque ancestrale qui chevauche le pré-patronymique et récapitule l’histoire des lignées d’hommes et de femmes en examinant rétrospectivement la genèse par laquelle leurs ancêtres sont successivement passés depuis les premiers humains apparus il y a 100-200K ans en Afrique jusqu’à aujourd’hui. Parallèlement à cette phylogenèse, sont examinés les parcours de peuplement suivis par ces ancêtres, de même que les processus qui ont conduit ces humains à occuper les divers continents. Cette étude est le propre de l’anthropologie génétique (ou anthrogénétique), dont le pendant loisir en G/ADN est la généalogie ancestrale. La plus belle réalisation dans ce domaine est sûrement celle du projet Génographique dirigé par Dr Spencer Wells, explorateur résident chez National Geographic.

Les fonctions de la généalogie génétique:

  1. Utiliser l’ADN pour résoudre une impasse généalogique concernant un ancêtre en matrilignage qui, dans mon cas, était H7 et au sujet de laquelle la recherche documentaire ne donne pas des réponses certaines. Qui était Josephte St-Louis? Était-elle vraiment Marie Josèphe DÉFOSSÉ LAMPRON LACHARITÉ St-LOUIS qui a épousé Charles LEMAY le 4 août 1794 à Trois-Rivières ? Pourquoi sa fille Marie Anne qui a épousé Joseph VIOLI du Régiment du Meuron le 10 octobre 1826 signait-elle AUDET-dite-LEMAY ? Pourquoi leurs descendants portent-ils le nom de AUDET? Utiliser l’ADN pour savoir qui était l’ancêtre Jean BOUGERAN (BEAUGRAND-dit-CHAMPAGNE): s’appelait-il vraiment BEAUGRAND (ou plutôt BOUGUAREN) ? Était-il originaire de la Champagne, ancienne province de France comme son nom dit le suggère ?
  2. Utiliser l’ADN pour connaître les origines ancestrales de nos ancêtres européens. Étaient-ils des « autochtones » européens (G ou I) ou des humains émigrés en Europe après le dernier paroxysme glaciaire (LGM), R, E, J1,  &c.
    Confirmer des origines amérindiennes et savoir si ces origines étaient maternelles ou paternelles (ou les deux) ?
    Le domaine de la G/ADN est très riche et captivant.

En 2005, avec Doug Miller, j’ai procédé à la fondation du Projet ADN Héritage Français et du projet patronymique BEAUGRAND.
La généalogie génétique est un loisir scientifique qui crée un contexte favorable à l’enrichissement personnel. Ainsi, l’adepte de G/ADN en apprendra beaucoup sur la biologie moléculaire, sur la génétique et sur la généalogie. Un passionné de G/ADN s’intéressera à la biologie des populations, à l’anthropologie, à la préhistoire et à l’histoire. Les données fournies par l’anthrogénétique et par la G/ADN permettent déjà de remettre en question l’histoire de certains peuples, comme celui de l’Islande, de la Grande Bretagne et du peuple hébreu/juif.
Toute l’histoire du peuplement de l’Europe est même remise en question par les données récentes de l’anthropogénétique et de la généalogie génétique.

Les adeptes de G/ADN font des découvertes qui peuvent être importantes pour l’avancement des connaissances sur l’humanité.
Vous trouverez une introduction à ce passionnant domaine dans « Retrouver ses ancêtres par l’ADN », Guillaume de Morant, Editions Autrement, 2009, collection Généalogie.

Il existe aussi plusieurs excellents manuels en anglais (voir le site Amazon.com et lancer une recherche comprenant les mots clés « DNA genealogy »).

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