L’ADN du chromosome Y des BEAUGRAND-CHAMPAGNE

Cette chronique fait le point sur ce que l’étude de l’ADN du chromosome Y d’hommes BEAUGRAND-CHAMPAGNE, descendants de Jean BOUGEREN dit CHAPAGNE nous a appris au sujet de nos ancêtres.

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La signature du chromosome Y (ADN-Y) des hommes BEAUGRAND-CHAMPAGNE (BC) a été décrite et caractérisée à deux niveaux. Le premier concerne le polymorphisme de répétition, celui obtenu par l’observation des microsatellites de type STR (pour Short Tandem Repeat). Les microsatellites sont des motifs répétés que l’on retrouve dans l’ADN à des endroits bien précis. Ces motifs sont dénombrés et servent de marqueurs caractéristiques. Pour en savoir davantage sur les microsatellites consulter mes chroniques sur l’ADN à http://miroise.org/GparADN/?s=microsatellites

La signature ADN-Y des BC est la suivante sur les 12 premiers marqueurs STR:

signature-beaugrand

Les 7 hommes BC testés et analysés ne présentent aucune variations sur les 12 premiers marqueurs.  Ces signatures sont affichées pour davantage de marqueurs sur le site patronymique BEAUGRAND à Family Tree DNA (FTDNA)  à l’URL http://bit.ly/1MyFBMm et quelques variations apparaissent sur un plus grand nombre de marqueurs.

Comme on le verra sur ce site, à ce jour, quatre lignées de BEAUGRAND ou variantes ont été identifiées par l’ADN. Chacune est caractérisée par une signature particulière qui la distingue des autres.

L’ADN-Y des BC qui descendent de Jean BOUGEREN, soldat du régiment de Carignan-Salières établi au Canada, appartient à l’haplogroupe majeur R.  Celui des BEAUGRAND de Normandie appartient à l’haplogroupe I.  D’autres BOGRAN montrent aussi des signatures STR caractéristiques, bien qu’appartenant au même grand haplogroupe que celui auquel appartient l’ADN-Y des BC. Mais les valeurs prises par les marqueurs sont différentes et les en distinguent.

L’objectif en soumettant des hommes BC à des tests d’ADN-Y était d’en apprendre un peu plus sur le lieu d’origine de l’ancêtre Jean BOUGEREN en trouvant des européens porteurs de la même signature, du même haplotype.  Or, je n’ai  pas réussi à trouver des signatures concordantes après plus de 12 ans de recherche en France et en Belgique.

Il reste cependant les BOUGARAN originaires de Bretagne à faire tester. Les volontaires manquent à l’appel que je réitère sur les forums de généalogie français.

Les signatures STR qui appartiennent à un même haplogroupe peuvent être comparées les unes aux autres et ainsi révéler leur degré d’apparentement par rapport à un ancêtre commun qui aura vécu il y a fort longtemps et qui est leur ancêtre commun.  Mais pour  savoir si deux signatures appartiennent au même haplogroupe il  faut connaître le polymorphisme d’état de chacune d’elles. C’est ce que nous allons voir maintenant.

Le second niveau pouvant caractériser une signature ADN-Y est celui qui correspond à une description de son polymorphisme d’état, polymorphisme produit par des mutations ponctuelles appelée SNP, pour Single Nucleotide Polymorphism.  C’est la présence ou absence de ces SNP dans un type d’ADN qui permet aux cladisticiens de contruire la taxonomie de cet ADN, taxonomie phylogénétique qui sert ensuite de référent pour classer et trouver l’haplogroupe d’appartenance d’un ADN-Y particulier.

L’ADN-Y des BC contient de nombreuses mutations SNP qui permettent de déterminer son haplogroupe d’appartenance, sa position dans la taxonomie de l’ADN-Y humain et de connaître son histoire phylogénétique.

Voici la structure de la classification de l’ADN-Y humain.

(a)

BeaugrandSNPM207

(b)

BeaugrandSNPL2

(c)

beaugrandL553

 

La section (a) présente la structure générale de la taxonomie de l’ADN du chromosome Y humain. La section (b) est une prolongation de la branche M207 qui correspond à la naissance de l’haplogroupe majeur R auquel les BC appartiennent, tout comme de nos jours 69% des hommes d’origine européenne occidentale. La section (c) prolonge l’haplogroupe L2 et illustre les SNP plus spécifieques aux hommes BC. Chacune des structures (b) et (c) est donc en continuité avec la précédente.

Les mutations SNP signalées par un point vert sont présentes dans l’ADN-Y des hommes BC.  Cet ADN-Y présente donc toutes les mutations de la section (a),  partant des premiers hommes jusqu’au SNP M173 qui le fait entrer dans l’haplogroupe majeur R.

Nous savons depuis 2008 que l’ADN-Y des BC présente les mutations U152 (S28) et L2. En fait mon ADN-Y a été parmi les premiers déclarés S28 dérivé par la compagnie Ethno-Ancestry et quelques mois plus tard L2 férivé par FamilyTreeDNA (FTDNA). Quant aux SNP de la section (c), ils ont été découverts plus récemment.  Ainsi L552 et L553 l’ont été en 2010 dans mon ADN-Y par Thomas KRAHN dans le cadre du programme Walk-Trough-the-Y de FTDNA.

Sur le plan de sa phylogénèse, l’ADN-Y des BC  se présente comme étant R-U152>L2>Z49>Z142>Z150/S7402>(L552+L553+).  Ce sentier phylogénétique pourrait se lire comme suit: une mutation appelée U152 est apparue chez le fils d’un homme appartenant à l’haplogroupe R (R-M269). L’un des descendants masculins de U152 eut un fils possédant la mutation L2. Puis l’un des descendants masculins de L2 eut un fils Z49 et ainsi de suite, de mutation SNP en mutation SNP jusqu’à nous les L552+L553+.

 

Les BC sont les descendants d’une lignée d’hommes qui se transmettent de père en fils toutes les mutations énumérées plus haut, de U152 jusqu’à L553.  Nous ne savons pas encore définitivement si L552 précéda phylogénétiquement L553 ou l’inverse.

J’ai soumis mes résultats du Big-Y à une analyse indépendante effectuée par YFull.com et le résultats peut être visualisé dans l’arbre des R en allant à http://www.yfull.com/tree/R1b/   et en cherchant le cas YF02680 dans la structure illustrée. La figure suivante est une fenêtre sur le cas YF02680.

SNPposition20150729

Dans la classification expérimentale de YFull, les résultats de BC appartiennent à l’haplogroupe R-S7402, un synonyme pour R-Z150. Comme l’indique cette figure, le clade S7402 se subdivise en deux sousclades connus, le  CTS9490  et le Y3140. Il s’agit de deux SNP pour lesquels les BC ne sont pas dérivés selon mes résultats Big-Y et des analyses subséquentes réalisées par la compagnie Yseq.com (7 sep 2014).

Les SNP L552 et L553 ne sont pas pris en compte pour l’instant par YFull.com mais le sont par FTDNA et l’ISOGG dans la version du 27 juillet 2015.

Suivant la notation nodale de l’ISOGG, l’haplogroupe des hommes BC serait soit R1b1a2a1a2b1c1b4  (R-L553) ou  R1b1a2a1a2b1c1b5 (R-L552).  Ils s’agit manifestement d’hypothèses. L’avenir précisera laquelle des deux est naturelle.

Il est possible que prochainement de nouveaux sousclades émergent du SNP L552 qui est aussi présent chez d’autres hommes que les BC.

Savoir à quel niveau se trouve l’ADN-Y des hommes BC dans la taxonomie est une connaissance qui peut être intéressante en soi. Or, cette connaissance engendre d’autres connaissances à propos de la succession d’ancêtres conduisant aux BC, à propos de l’époque à laquelle ces ancêtres vécurent et dans quelles régions cela s’est produit, de même qu’à propos des migrations que ces ancêtres dûrent probablement entreprendre pour coloniser les régions successives o!u l’on rencontre des hommes possédant les mêmes SNP.  De plus, la connaissance des SNP révèle quels sont les hommes de patronymes différents qui possèdent les mêmes SNP que les BC, qui appartiennent donc au même haplogroupe qu’eux et qui partagent obligatoirement avec les BC un ancêtre commun qui pourra avoir vécu relativement récemment.

 

 

 

 

Trois sources d’info sont disponibles:

1. la datation de constellation des SNP

2. la fréquence géographique

3. les vieux os

 

Voyons ce que nous pouvons en tirer.

Vision globale.

De l’Afrique jusqu’au Caucase. Puis du Caucase vers l’Europe.

Apparition de U152 au Caucase ou en Europe?

Quand? À quelle époque? En passant par le Nord de l’Afrique et l’espagne ou venant directement de l’Est?

Établissement en Italie du Nord ou Sud de l’Allemagne o!u L2 est sûrement apparu.

Diffusion  en France et Brittanica soit graduellement après le LGM, avec l’expansion de l’Empire Romain et du Christianisme.