ADN du chromosome Y des hommes BEAUGRAND-dit-CHAMPAGNE

À chacune des générations, l’ADN du chromosome Y (ADN-Y) est transmis intégralement de père en fils. Cet ADN-Y subit parfois de légères modifications, de telle sorte que des lignées fraternelles pourront après quelques générations présenter de légères variations. Sachant avec quelle fréquence moyenne ou avec quelle probabilité de telles modifications se produisent, la comparaison du nombre de mutations séparant deux lignées peut fournir un estimé du nombre de générations qui les séparent d’un ancêtre commun.

J’ai été en mesure de démontrer que les hommes BEAUGRAND-DIT-CHAMPAGNE qui descendent du fils de l’ancêtre Jean BEAUGRAND-DIT-CHAMPAGNE ont hérité de son chromosome Y. Cette démonstration se trouve à http://bit.ly/10WG9X5.

Le tableau suivant montre l’uniformité des signatures ADN-Y de plusieurs hommes BEAUGRAND-DIT-CHAMPAGNE, descendants avérés du fils unique de Jean BOUGEREN.

signature-beaugrand

Ces signatures reposent sur 12 marqueurs aussi appelés microsatellites STR (Short Tandem Repeats). On peut voir que, sauf pour un de ceux-ci sur un marqueur, ces 12 marqueurs sont les mêmes pour tous ces hommes, et correspondent à la signature que possédait Jean-Baptiste, fils unique survivant de l’ancêtre Jean, le premier arrivant.

Les signatures ADN-Y des hommes BEAUGRAND-DIT-CHAMPAGNE possèdent aussi des caractéristiques plus profondes appelées SNP (Single Nucleotide Polymorphism).

Leur haplogroupe d’appartenance est le R1b1a2. Au 2015-MARS-23, les SNP reconnus comme présents dans leur ADN-Y décrivaient un tracé phylogénétique R-M269 > P312 > U152 > L2 > Z49 > Z142 > Z150. L’ADN-Y des hommes Beaugrand-Champagne présente de plus des mutations idiosyncratiques, la conjonction des SNP L552 et L553.

Les ancêtres de l’ancêtre des BEAUGRAND-DIT-CHAMPAGNE

On connait peu de choses à propos de l’ancêtre Jean BEAUGRAND-DIT-CHAMPAGNE à part qu’il venait de France. Nous ne connaissons pas sa véritable région d’origine, ni même son véritable nom de famille, bien que sa signature manuscrite se lisait BOUGEREN, puis BOUGUEREN. L’introduction d’un U après le G peut correspondre à la volonté que son nom de famille soit correctement prononcé sur le plan phonétique. Dans certaines régions de France, comme la Bretagne, BOUGEREN se prononcait BOUGUEREN. Je vous réfère à mon blogue sur Jean Bougeren à ce sujet, de même qu’au projet patronymique BEAUGRAND à Family-Tree-DNA.

Officiellement, l’ancêtre serait originaire de Saint-Germain-en-Laye, près de Paris. Mais plusieurs indices ME laissent supposer qu’il venait d’un coin plus isolé de France que la région parisienne. D’abord son nom, qui était bien Boug(u)eren et non Beaugrand à une époque ou celui des Beaugrand était déjà bien établi en France en région parisienne, de même qu’en Normandie. Le patronyme Bougeren pourrait être breton étant donné la prononciation de la lettre g devant une voyelle et le fait que l’ancêtre ait subséquemment modifié comment il écrivait son nom sans doute qu’il soit prononcé correctement en Nouvelle France. De plus, on trouve de nos jours les porteurs du patronyme Bougaran et Bougaren originaires du Finistère breton. Ensuite, le choix de son lieu de résidence dans les îles en face de Berthier suggère qu’il était originaire d’un pays qui pouvait ressembler à celui de marais ou près de la mer.

L’analyse de l’ADN du chromosome Y des BEAUGRAND-CHAMPAGNE révèle que nos ancêtres étaient européens depuis assez longtemps. Leurs ancêtres étaient venus des steppes de l’Asie centrale probablement au cours de la dernière glaciation. Ils étaient alors R-M269 ou R-M310. Leur trajet vers l’Europe occidentale n’est pas encore bien défini.

Nous venons tous d’Afrique.
Il faut bien réaliser aussi que les Beaugrand-dit-Champagne descendent d’un homme qui vivait en Afrique il y a 250,000 ans. Un de ses descendants est sorti d’Afrique et de descendant en descendant est arrivé en Europe, et un de ses descendants était U152. Un descendant U152 qui vivait en Italie dans la vallée du Pô eut un fils porteur de la mutation L2.

Le scénario le plus probable de peuplement progressif de lieu en lieu par les ancêtres de R-L2 pourrait être le suivant:

  1. M168 sort de la Corne d’Afrique il y a entre -78k à -50k années et passe sur la péninsule Arabique et acquiert M89 devenant ainsi de l’hg F*.
  2. Un F* se déplace vers l’Est vers l’Iran puis vers le Nord occupe l’Afganistan où il acquiert M9 et devient hg K.
  3. Il y a environ 35k ans, un K* vivant au Kazakhstan ou en Asie de l’Ouest (Irkoutsk) acquiert la mutation M207 et devient R*.
  4. Un R* de l’Oural passe en Europe Est il y a environ 30k ans.
  5. Un descendant de R* acquiert la mutation M343 devenant hg R1b.
  6. R1b passe en Europe centrale il y 25k et de ses descendants acquiert la mutation P25, devenant hg R1b1.
  7. R1b1 se multiple en Europe centrale ; un descendant acquiert P297/P25, devenant hg R1b1b*
  8. Un P25 acquiert la mutation M269 et passe en Europe occidentale et s’y multiplie comme hg R1b1b2. La glaciation se met en place et R1b1b2 survit dans des refuges méridionaux (dont le Franco-Cantabrien, l’italien, le Carparthe).
  9. Durant le paroxysme glacial ou peu après, un homme P25 acquiert la mutation P312/S116 devenant de hg R1b1b2a1a2.
  10. Il y a 7 à 5k ans, un européen R1b1b2a1a2 acquiert la mutation S28/U152 et devient R1b1b2a1a2d (R-U152). Ce U152 serait né dans le Nord de l’Italie, dans la région alpine.
  11. Un de ses descendants aurait acquis la mutation L2, devenant R1b1b2a1a2d3 (R-L2*). On pense que cela s’est produit il y a 3-4 milliers d’années, soit en Italie (vallée du Pô) ou peut-être en Sardaigne.

Un scénario alternatif propose plutôt que U152/S28 serait venu des régions à l’Est de l’Europe (e.g. Kazakhstan) et qu’il soit pénétré en Europe qu’après la fin de la plus récente glaciation, avec les fermiers du Néolithiques. Ces derniers apportèrent l’agriculture, le pastoralisme, la domestication animale, la charrette à roue, &c, aux « autochtones » européens.
Les descendants U152/S28 connus aujourd’hui rapportent des ancêtres qui vécurent un peu partout en Europe de l’Ouest, en Écosse, en Irlande, sur la côte Ouest de l’Angleterre, dans le Sud de l’Allemagne, en Suisse, dans le Nord de l’Italie (Lombardie).
De plus en plus de Français découvrent qu’ils sont R-U152 et sousclades. Cette observation peut suggérer qu’il furent des Gaulois ou Belgae (les Belgae occupaient toute la côte, depuis Lutèce-Paris jusqu’aux Pays-Bas). Les Belgae ont aussi colonisé les îles Britanniques et on y retrouve aussi des U152.
Il est aussi possible que les U152 se soient propagés plus tardivement en Gaule transalpine et de Grande-Bretagne avec la colonisation romaine et le christianisme. Les plus proches parents des Beaugrand-Champagne lorsqu’uniquement le polymorphisme d’état est considéré sont d’origine britannique, les GREENWELL et LINCOLN. Des italiens sont aussi fort roches au niveau des SNP.

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